d'inventer une marque de vêtements pour revendiquer leur identité. Certains
sont parvenus à entrer dans la cour des grands. Leur ascension, pour nous,
jeunes de banlieues et de toutes origines est un symbole de réussite qui ne s'arrête
plus au sport ou à la musique. Cependant, il y a encore pas mal de
portes à ouvrir, c'est pourquoi moi même, sans talent sportif ni musical, j'ai décidé d'inventer ma propre marque, qui possède un message un peu révolté, mais qui reste positive. La griffe, composée d'un achronyme, s'intitule : NO6RA, littéralement : nocisra. Réduction rapide du concept «No» qui vient de l'anglais «pas», et «CISRA» qui vient du
v e r l a n «Racisme». Réduction finale qui nous donne : «Pas de racisme»
J'ai voulu inventer une marque qui se démarque des autres. Certains diront :
il se sent victime de sa couleur; de ses origines. Je leur répondrai en grand : NON.
Je leur répondrai que je suis fier d'où je viens, de ce que je suis et où le destin me guidera.
Il faut que chacun sache que le racisme ne s'arrête plus à une couleur de peau ou à une origine. Aujourd'hui, il existe sous toutes ces formes. Quelques exemples : l'intolérance, le conflit des générations, le respect d'autrui, l'exclusion, le sexisme, le droit au logement, le droit au travail, l'antijaune, l'anti- noir, l'anti-juif, l'anti-arabe, l'anti-blanc, l'anti-etc. Ce qui me révolte le plus, c'est que le refus d'intégration a fait dévier pas mal de jeunes
vers l'intégrisme. Comme quoi l'étymologie des mots peut engendrer des maux au coeur de toute une société. Cette année, nous avons fêté les vingt ans de l'existence de SOS Racisme, un bon millésime mais le sentiment de racisme demeure toujours aussi brut.
Je reste choqué quand j'entends les pouvoirs publics employer des mots comme : quotas,
integration et maintenant : promotion positive. Il faut bannir ces termes. Je ne rêve pas d'un meilleur avenir, je rêve d'un meilleur espoir pour les générations qui arrivent.
Mon souhait : rencontrer le premier de la classe de l'année 2003. Monsieur Zidane, un homme de paix, de vertu et de bon sens. Mes objectifs : sillonner le tiers monde et
venir en aide aux enfants de la misère, c'est pourquoi pas mal de mes fonds iront
dans des associations parce que je ne suis pas né avec une cuillère en or, et j'aimerais rester humble dans mon mode de vie. J'essaierai de rendre heureux les enfants de la misère et mourir malheureux (Daniel Balavoine). Paix à son âme.
En conclusion : combattre le racisme est un sport de tous les jours.
Combattons-le !
Madjid AOUATI




